Une dernière « archive » avant de passer à des acteurs contemporains :
« La Métamusique » du Mauricien Malcom de Chazal (1902-1981).

Ce court texte issu de « La vie Filtrée » (Gallimard, 1949), pilonné par
cet éditeur et donc introuvable n'est pas l'oeuvre d'un « compositeur de
métier» mais d'un poète, celui dont on sait qu'André Breton a dit un jour
« Il y a là une proposition neuve...
On n'avait rien entendu de si fort depuis Lautréamont... »

Agronome de formation, champion universitaire de course à pied, lien
improbable entre Isidore Isou et Jean-Luc Parant, l'inclassable Malcom de
Chazal (une cinquantaine de livres à son actif, dont beaucoup de plaquettes
éditées depuis l'Ile Maurice à 100 exemplaires), méprisé de son vivant,
après la vague d' »amis » surréalistes vite repartis dans des contrées plus
balisées; Chazal, l »anti fou », descendant d'un des membres fondateurs de
la Rose-Croix, François de Chazal de la Genesté, disciple du fameux Comte
de Saint-Germain est notamment l'auteur de « Sens Plastique », « Petrusmok
», « Sens Magique », « Sens Unique », « L'homme et la connaissance »...

,livres où il prône l' "unisme", la connaissance indivisible,
science-poétique du sixième sens, celui de la perception. Il faisait le choix
de ne pas vivre « à Paris, les Français ne pourraient me comprendre qu'à
demi, tandis qu'à Maurice, personne ne me
comprend et "je suis libre ». C'est ainsi que, afin d'affiner ses théories,
il payait quelque mauricien choisi au hasard pour l'écouter discourir,
payant même le double si celui ci ne riait pas; détruisant ses propres
toiles (dont aucune ne s'était vendue) ainsi que des
manuscrits de théâtre sur une plage. C'est au journal « Playboy » qu'il
accorde sa dernière interview, 3 ans avant de mourir en 1981 dans la plus
grande indifférence.


Aujourd'hui, grâce à l'armée américaine, on peut retrouver Malcom de Chazal
sur Internet où Yann Dortindeguey numérise son oeuvre:
http://www.chez.fr/freecyb/CATALOG/CHAZAL.HTM