Le projet " How are you ?"
Le projet
" How are you ?" a débuté en 1996. J'ai posé
cette question pour la première fois aux visiteurs de la Galerie 21,
à l'occasion de la quatrième biennale d'art Contemporain de St
Pétersbourg.
Les réponses recueillies ont constitué le premier hypertexte placé
sur le Web http//www.spb.ru/biennale/proj/howareyou/
Ainsi, à travers Internet (site + forums + mail), la question a été
posée à des personnes de différents pays. Les participants
ont donné des réponses, chacun dans sa langue, chacun en fonction
de son état personnel, mais aussi en fonction de l'ambiance général
du lieu où la personne se trouvait au moment donné. (une réponse
de Québec :
si je savais que Juliette n'était pas heureuse,
si je savais qu'elle l'avait attendu... mais qu'est-ce que cela aurait pu changer?
Rien. Un baleine serait restée une baleine, une femme serait restée
un être humain!
)
Le nouveau site a été produit par le FRAC Languedoc-Roussillon
en 1998, il contenait déjà environ 500 "fragments" fédérés
par les liens hypermédias http://www.fraclr.org/hay/pindex.htm
). En parcourant le site on "prend la température" des états
des âmes
"Les réponses en viennent à former un seul hypertexte. Une réponse collective, qui partirait d'un sujet collectif. Mais ce sujet collectif est créé par l'artiste. Olga Kisseleva a tenté, en d'autres termes, de créer une unité totale, utopique, de fragments; des fragments d'esprits individuels, d'êtres individuels, des mémoires, des langages, des coutumes, des cultures pops, et ainsi de suite. La communication de l'utopie qui en résulte a une forme typique d'hypermédia de cette fin du 20e siècle. Peut-être est-ce la seule forme d'unité possible aujourd'hui ou, au moins, la forme d'unité réelle face à la nature en mosaïque des fragments qu'elle rassemble." (Lev Manovich)
La communication
sur le site continue : I feel alone, thank you for asking!
En novembre 1998 j'ai commencé à filmer les gens, en leur demandant
how are you?. ("Réveillons nous", Infozone, Public>
).
De cette façon, j'ai obtenu des réponses beaucoup plus spontanées.,
En début 1999 j'ai ouvert un nouveau site, toujours relié à
http://www.fraclr.org/hay
. Et je me suis aperçue que l'image globale, la " température"
n'était plus la même : I'm afraid the NATO bomb attack! (réponse
reçue par Internet de Yougoslavie le 24 décembre 1998).
ARTV
Avec ces
changements en temps réel, presque involontairement, ce travail, dont
le but premier était simplement d' "apprendre" à répondre
autre chose que "thank you, fine!", est devenu un véritable
baromètre sociologique.
A partir de là, j'ai souhaité réaliser un travail plus
pointu, lié à un lieu et à un moment donné.
Nous avons imaginé un dispositif "How are you?" pour les cartes blanches de ARTV:
Des interventions
de 5-6 minutes, auraient lieu tous les mois sur le site Web de ARTV.
Chaque intervention consisterait en un "reportage" qui contiendrait
une série de réponses à la question "how are you?",
filmées en vidéo. Les hyperliens seraient mis en place entre les
vidéos et les autres interventions, textuelles, sonores etc.
Tous les mois la question serait posée dans un nouveau lieu, sélectionné
pour son impact fort sur l'actualité. La première intervention
pourrait avoir lieu à la biennale de Venise.
De cette manière, la question qui reste identique, change, en effet,
complètement, en fonction de l'actualité
en fonction de
l'espace-temps ? Ce n'est plus how are you ?, cela devient how are you about
? Mais à la différence des reportages télévisés
classiques, nous ne demandons pas aux personnes de donner leur avis par rapport
à l'événement, mais juste de le ressentir, au plus profond
d'eux même, pour pouvoir ensuite nous transmettre ses effets