Emerging roots
Notes du projet
Depuis longtemps, une partie de mon travail se déploie par le dessin, sous forme de schémas, planches descriptives, illustrations. Il s’agit de recherches formelles et graphiques qui mêlent références micro-organiques, végétales, animales, modèles physiques, artefacts, pour suggérer des processus alternatifs de l’évolution du vivant...
Le projet
Emerging roots correspond à mon envie profonde de travailler à une nouvelle recherche visuelle sur la perception du corps, au carrefour de l’espèce biologique, de l’individu, et de l’être social.* Dans ces développements, je voudrais confronter corps humains, primates, être-vivants méconnus, s’entremêlant dans des contextes décalés, des narrations rhizomiques. Considérer le corps humain comme celui d’un animal, un objet d’étude en laboratoire, un objet connecté, un artefact, intégrant la part de l’expérience technologique dans le vécu du corps.
Les narrations visuelles, image en mouvement, vont puiser un répertoire esthétique dans les déchirements que le corps subit, en prolongeant le sujet d’un malaise existentiel.
J’envisage
Emerging Roots comme un laboratoire pluri-média qui peut se déployer sous plusieurs formes : scénique, installation, VR.
Recherches forme scénique...
La scène se transforme à chaque fois, pour combiner un récit hétérogène.
Sous forme de phases, les environnements basculent – cut, progression – de l’un à l’autre pour créer un langage composé. Les narrations se veulent multiples, fragmentées, entremêlées, aux rythmes contrastés. Image de synthèse temps réel, illustrations animées, performance corporelle, texte projeté, texte parlé, voix générative, matières sonores.
Cette pluralité de langage me permet de travailler une mise en tension des matières. Ceci en écho avec les tensions trios*, au sein du sujet, le corps.
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Recherche Phase A //
Un corps difforme et fluide émerge, comme une présence physique, devant la scène. Il se métamorphose constamment, passant d’un corps humanoïde à d'autres formes organiques.
Une voix de synthèse nous parle des scénarios hypothétiques d'émergence du vivant.
/ Projection flottante / image de synthèse temps réel / voix générative / matières sonores /
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Recherche Phase B //
Une fille nue, crâne rasé, apparait sur la scène. Sans voix. Sa gestuelle évoque la part animale de son corps. Des objets mous rendent confuses les limites de son corps, prolongent le champs de sa chorégraphie, augmentent ses membranes. Un univers sonore nous embarque et compose l’ambiance de cette phase avec des matières-poésies écrites projetées dans la scène.
/ Performance corporelle / texte projeté / matières sonores /
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Recherche Phase C //
Cette phase donne une fenêtre narrative à l’intérieur du reste :
A l’intérieur du cadre de la scène, un drap noir dévoile des projections aux traits dessinés blancs. Biomorphiques et surréalistes, ces animations deviennent un terrain graphique pour travailler le statut du corps au carrefour de sa pluralité. Par une approche radicale dans sa narration visuelle, cette phase pose la question de l’inadaptation du corps à son statut, et réciproquement. Des poésies-voix et des matières sonores augmentent cette part visuelle.
/ Projection intérieure scène / illustrations animées / texte-poésie parlé / matières sonores /
Ça continue...
*Référence à
La méthode - Tome 5, L'humanité de l'humanité, L'identité humaine, Edgar Morin (Dans son ouvrage, Edgar Morin complexifie le sens du mot homme en lui donnant le sens trinitaire qui le situe à la fois dans et hors la nature : individu - société - espèce ; il propose de concevoir ces termes dans leurs complémentarités ainsi que dans leurs réciproques...)
#Anthropologieducorps #genrebiologique #hominisation #morphogenèse #evolutionalternative
Remerciements : Rémi Boulnois pour les interactions, Michelle Vavassori et Michel Laffite pour les retours & corrections / Dessins Golnaz Behrouznia
