J'Y VAIS

Par Veronique Hubert · 21/04/2020 Art plastique Bande dessinée Poésie

J'Y VAIS
Je ne juge pas, je me plains Les forts n’ont pas raison. Ils sont forts. De toutes les façons, de certaines façons, j’irai. N’importe comment j’irai. C’est idiot ce chemin, Lui ou un autre. Ayant tous les chemins, Donc sans chemin, je marche. Ce n’est pas si extravagant ! Non ? Dans ce silence sur la route, Il y a forcément un mystère caché : Les éclipses de ma lune, Réguliers ce n’est pas un hasard. C’est régulier ! Je le voyage comme je l’entends à l’opposition de la censure, Mon utopie, ici, là, ailleurs, Je ne reviens pas en arrière. Le juge cherche ce qui est caché Dans le silence du jeune prévenu. Il y a quelque chose de caché. C’est forcé ! Il faut interpréter Le silence de l’accusé. J’interpréterai le silence du réel De mon côté ! J’interprèterai le sens monotone Des choses, par là. L’équivalence des sens opposés l’emporte Là où je serai arrivée. Et doit-on toutes marcher dans le même sens Dans le silence du réel ? Je suis la Vénus vagabonde, Vulgivaga, je glisse d’objet en objet Sans jamais m’arrêter à aucun. J’erre à l’aventure parmi toute chose. Ma démarche n’est qu’une matérialisation fantastique, Un mélange de souvenirs et de présent qui m’abrutissent Vers une avenir. Je ne suis pas une somme d’hérédité et d’acquis, non. Je suis un montage en progression. Acedia hier, Vulgivaga aujourd’hui. Ma grandiloquence n’est pas un faux pas, Isolé. C’est un symptôme de divagation essentielle, Elle mérite qu’on y prête attention. Se déplacer à nouveau, c’est réussir à se réveiller. Tu quittes le rêve pour entrer dans l’éveil. Le réveil. Voila. Continuons, nous avons notre temps. Mais la manière d’être, au réveil et après, Entraine des actions et leur devenir. La manière qu’a l’être d’être ! Elle devient, alors. Et si devenir est l’insaisissable manière d’être, on peut donc dire au sens propre : Le temps est l’intention de l’être. L’un(e) tension. Devenir par le déplacement Dans le temps Fais donc de toi une actrice De mouvements en visite, Entre deux positions. Rien de statique. Le réel parcouru dans le mouvement en devenir Entre deux positions Entraine la rencontre d’éléments inattendus. Ainsi commence l’histoire. Exemple d’histoire : Je vis seule dans les bois. Je ne m’étendrais pas sur moi s’il était quelqu’autre que je connaisse aussi bien. Malheureusement, je me vois réduite À évoquer ce que je connais avant tout. Seule dans les bois, Je n’ai d’autre sujet que moi. Quoique. Seule dans les bois. Je poursuis le souvenir, Le survenir, l’advenir Le devenir. Et pourtant je vais libre. Je ne sais pas qui je suis. Le déplacement de la somme des petits riens que je suis N’est jamais un grand rien. La lumière me suis. La lumière métamorphosée en mouvements Ne sait pas qui je suis. Je ne suis pas ce que je sais. J’y vais. J’ai toujours pris la direction d’une libération. Un phénomène qui est à la fois En moi, en toi, Et entre nous deux. Je suis cette apparition naissante. Mourante dans la continuation Des apparitions disparaissantes. Comme toi. Les coeurs souffrants et vivants partent Toujours d’ici pour aller là. Aller là et le raconter est une possibilité. Une possibilité parmi d’autres De continuer. Pas une seule mais toutes. La liberté des possibilités À raconter, encore. Il est alors difficile de s’arrêter, le rythme est installé. La respiration et les sauts d’un endroit à l’autre te droguent. La ligne d’horizon te donne le « la » Tu avances donc tes pieds Et ce qu’ils portent Vers cette commensurabilité Dans le cadre. C’est la somme de tout Ce qui est dans ton tableau Et non un incertain infini Déjà présence dans le couloir Organisé. L’inadéquat dans cette démarche Serait l’épuisement intérieur, Alors transporté par un corps En totale extase… Ralentir peut être, S’arrêter certainement pas. Aller jusqu’au bout, Au bout des incontournables, Qu’il faudra bien continuer. C’est un rêve dont la distance éloignée de la source Se réduit petit à petit Enfermant de moins en moins La Vénus Utopiste. La diagonale permettait pourtant D’y aller plus vite, plus fort Vers l’autre coin. Mais la qualité de réception N’était pas à ignorer. Négliger la manière Demande ensuite Le pouvoir de l’agilité Celui d’aller alors en zig zag pour échapper à tout Même à soi. Deux silhouettes Dans la vallée en mouvement. Dans la souplesse de la nuit. Pas d’objet sans horizon.

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